30.4.05

Il en a de ces questions, ce Proust !

Mes réponses au questionnaire de Proust :

Le bonheur parfait selon vous ?

Savoir trouver son plaisir au présent.

Qu'est-ce qui vous fait lever le matin ?

La peur de faire des plaies de lit ?!?
M’assurer en bougeant que je suis bien vivante ?
Mon corps affamé ?
Une aube ensoleillée…


La dernière fois que vous avez explosé de rire ?

Les explosions sont destructrices. De mémoire, entre autres choses !!

Quel est votre trait de caractère principal ?

L’intensité. Même moi, j’me trouve pas toujours reposante !

Votre principal défaut ?

J’ai toujours eu trop de désirs pour mes moyens.
No, no, no, il ne s’agit pas d’une incapacité à éprouver de la satisfaction, relisez !


À quelle figure historique vous identifiez-vous le plus ?

Mmm… Je me sens très proche de la nature de Nicolas de Staël (pour ce que j'en ai lu et ce qui nous en est rapporté), sans posséder un grain de son talent.

Quels sont vos héros, aujourd'hui ?

Tous ceux qui n’éprouvent pas le besoin d’écraser les autres en quelque circonstance que ce soit.

Votre héroïne de fiction ?

L’Antigone d’Henry Bauchau.

Votre voyage préféré ?

De vraies belles rencontres.

Quelle est la qualité que vous préférez chez un homme ?

Que sa force soit puissance de vie et non pouvoir sur la(les) vie(s).

Et chez une femme ?

Quand elle parvient à échapper au déterminisme socio-historique (encore trop une fatalité pour le grand nombre aujourd’hui) d’un sens de sa valeur passant d’abord ou surtout par le regard des autres plutôt que le sien.

Vos écrivains préférés ?

Henry Bauchau, Yves Bonnefoy, Göran Tunström, Suzanne Jacob, Sylvie Germain, et…

Vos compositeurs préférés ?

Mystérieusement, le phénomène de l’écoute musicale a muté radicalement chez moi depuis un bon moment. Je réécoute rarement. Je me l’explique mal, mais c’est ainsi. Parfois, quand même, Satie, Gorecki ou Chostakovitch, mais autrement c’est la surprise des grâces aléatoires de diffusion radiophonique le plus souvent hors courants (chanson, musique actuelle, classique ou ancienne, etc.).

La chanson que vous sifflez sous la douche ?

Chanter et me faire mordre par la pomme ?? Vous n’y pensez pas !

En fait, ça m’arrive parfois, un refrain qui ressurgit des rêves de la nuit. Récemment, c’était Alain Chamfort !!! « C'est un soleil, un souvenir, un coin de vie (…) Ça, c'est un coin de vie Qui me revient souvent Là, juste un coin de vie Une chanson d'avant D'avant toi, d'avant l'amour, d'avant le temps Quand on ne connaît pas encore la nostalgie Quand les yeux sont ouverts sur le printemps ».
Dans de tels moments, je crois aux vies parallèles et qu'il y a eu une fuite...


Votre livre culte ?

Il y en a eu tant, au moment de leur lecture ! Impossible de n’en nommer qu’un, alors je vais tenter de rendre un peu à César…

Lecture d’adolescence, Le hamac dans les voiles de Félix Leclerc est toujours en suspension dans mon imaginaire, tout comme, lecture d’enfance, le sont les aventures de La petite Poucette.

Pendant deux à trois ans, début vingtaine, la lecture quasi quotidienne des Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, reprise maintes fois par la suite.

Le livre des nuits de Sylvie Germain.

Actuellement : Antigone, d’Henry Bauchau


Quel est le classique de la littérature qui vous tombe des mains ?

Germinal, d’Émile Zola, ou Le voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline. Preuve que ça n’est pas un jugement de leur talent.

Votre film culte ?

The pillow book de Peter Greenaway.

Vos peintres préférés ?

Tout Nicolas de Staël, Betty Goodwin, Dali et le Douanier Rousseau en parties.

Et les sculpteurs, hein ?? Alberto Giacometti.


Quel fut votre premier choc esthétique ?

Le scintillement du soleil sur l’eau des petits ruisseaux de mon enfance, les roches colorées de leurs lits et les petites truites qui s’y agitaient.

Ou la mer, alors toujours à portée de regard ou de jambes…


Votre boisson préférée ?

De la belle eau bien fraîche.

Quels sont les lieux communs qui vous agacent ?

Tous ceux dont on ne sait pas s’affranchir au détriment d’un réel possible ou à faire advenir.

Que considérez-vous comme votre plus grande réussite ?

Que l’absurdité - ou la folie (celle avec laquelle on peut finir par faire du sens) – auxquelles j’ai eu à me frotter dans la vie n’aient pas eu raison de moi. Pas encore du moins (demeurons prudente !).

Votre plus vif regret ?

Sigismund (pas Freud). Je ne vous en dis pas plus.

Quel talent voudriez-vous avoir ?

Une mémoire à toute épreuve.

Votre chef-d'œuvre inconnu ?

…le restera, avec raison. L’exposition à la lumière lui serait aussi néfaste qu’inutile.

Votre plus grande déception ?

Les ponts coupés sans explications par des êtres auxquels j’étais attachée. C’est le « sans explications » qui est décevant. Soit parce que j’aurais mérité mieux, ou parce que j’aurai cru ces êtres capables de bien plus ou de bien mieux.

Votre devise ?

Être l'accoucheuse des rêves générateurs de vie qui sont en attente. Ceux des autres que je rencontre comme les miens.

Comment aimeriez-vous mourir ?

Sans souffrir.

Quel serait votre épitaphe ?

C’est fait, il n’y a plus de limites.

Si vous rencontriez Dieu, qu'aimeriez-vous qu'il vous dise ?

- T’as tout le temps qu’il faut maintenant…

7 commentaires:

Anonyme a dit...

On reprend tout ceci au masculin, on l'intitule « La voix du carpon » et je contresigne...

Affectueusement.

Danielle a dit...

N'empêche que vous faites dans la facilité. Et si vous êtes le Marc que j'ai déjà connu virtuellement, je vous sais capable de plus que ça. Mais peut-être ne suis-je pas du bon Bord-de-l'eau??

Anonyme a dit...

Je ne cherchais pas la facilité. J'ai été franchement impressionné par vos réponses au questionnaire, surtout celles où il est question de faire la part belle à ce qui est là, chez l'autre et de l'augmenter si c'est possible. La résonnance en moi... Sommes-nous du même « bordeleau » ? Je ne sais pas. Mais je ne suis pas le Marc virtuel que vous supposez ou qui a déjà été en lien avec vous. Je suis ici, bien réel,tout nouveau dans votre univers. Ravi de vous découvrir, Marie-Daniele (quel beau nom). Vraiment.

Danielle a dit...

Ah d'accord. C'est votre "affectueusement" qui m'a "enduite d'erreur", par la familiarité qu'il dégage, mais je vois qu'elle serait d'un autre ordre et l'apprécie.

Sinon, pour jaser plus activement, faudrait venir sur Espiègleries, car ici, c'est généralement le grand repos.

Sans blog vous-même??

Anonyme a dit...

Je suis allé aux Espiègleries. Votre très beau commentaire du 31 janvier est suivi d'une discussion que je trouve absconse, un peu lassante. Désolé. Hélas, sans blog moi-même. Je travaille présentement à un projet (d'écriture) qui me pousse à la réclusion et qui exige de la solitude.

Bonne continuation Maridan.

Anonyme a dit...

Meci de me dire que vous avez apprécié ma note, Marc; quant à la discussion, peut-être est-elle réellement absconse, ou est-ce dû à l'un ou l'autre de ses champs, ou encore du fait que ses principaux participants et moi nous fréquentons depuis un moment, sur mon blog ou ailleurs, et donc que, comme pour l'inconnu, il nous échappe parce qu'on ne s'est pas familiarisé avec lui encore?

Bref, il ne s'agit pas de discourir là-dessus, et mon invitation ne comportait pas d'exigence de participation de votre part, ce n'était que pure indication. Par ailleurs, mes notes se suivent et ne se ressemblent pas...

Étant de nature un peu curieuse (je litote), votre projet d'écriture m'intrigue (libre à vous de...), et puis je me demande par quel chemin vous aviez abouti ici. À la recherche de Proust?

Bonne continuation à vous itou.

Anonyme a dit...

Cela fait toujours plaisir de trouver une amatrice de Tunström! :)

Blog très bien, continuez comme ça! :)