15.8.05

Chronique diariste II

Suite de Chronique diariste I


Le temps béni se poursuit,
l'état de grâce ne s'est
point estompé
encore.

Chhhutt !

Ah et puis non,

chhutt ! :

C'est la fêêête,
c'est la fêêêteuh !!



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Or donc, la sensation de flottement — cette suave légèreté — éprouvée au réveil, samedi matin, je l'associe à ce qui serait de l'ordre de l'expérience paroxystique (fort bien analysée par le psychologue américain Abraham Maslow). La plus mémorable en intensité qu'il m'avait été donné de vivre jusque là s'étant produite au sommet du Mont Jacques-Cartier, en Gaspésie (dommage, je n'ai pas de scanner pour y mettre une photo montrant la vue superbe que m'avaient offert ses 1270 mètres de hauteur, mais celle ci-contre illustre un peu ce qui, de l'atmosphère, rend propice aux états altérés de conscience). Une fois au sommet, le guide nous avait entretenu au sujet de la faune et de la flore de la montagne, puis nous avait laissé libres de nos mouvements jusqu'au repas. J'étais allée marcher dans les neiges éternelles avec l'amie du voyage, avant qu'on ne s'accorde un moment en solitaire. Je me suis allongée sur le sol plus herbeux, légèrement en pente, et là, je me suis sentie fondre dans le décor, les bleus du ciel et de la mer (ou fleuve, c'est selon) s'étant épousés à l'horizon, m'inondant de leur beauté et me recréant. Moment de plénitude indicible dans le silence des grands espaces.

La plénitude éprouvée samedi était, cette fois, très jasante. Et donc, après les tizoiseaux, habitée par une foule de monde ! Mon second frère aîné, pour qui j'aurais un joyeux conte à écrire; mon ineffable maman; Zénon, à qui je compte adresser une première lettre-courriel; la grande poétesse ayant le diable du flamenco au corps, Marie, que je souhaite rencontrer très prochainement (depuis le temps qu'on en parle !), et peut-être rencontrer également... (on n'en a jamais parlé encore !) le nouvel émigré sur l'île montréalaise, the one and only PGD ? L'impossibilité de citer tout ce monde ayant occupé mes pensées ne peut toutefois m'interdire la mention particulière d'un être dont la survenue dans ma vie a fait forte impression en moi dès le départ : Miladus, avec sa surprenante invitation à un dialogue autour de Nietzsche qui tient toujours, malgré les aléas de mon état de santé (ce qui devrait possiblement donner lieu bientôt à un nouveau carnet consacré à ce projet).

Samedi matin, s'est dit et installé plus profondément que jamais en moi le sentiment que la vie vaut avant tout d'être é p r o u v é e. Ce qui vaut plus que tout. Suprématie sur la raison même. Et toutes les activités humaines n'ont jamais plus de sens que lorsque notre être sait se faire le réceptacle et le lieu de passage sans entraves du courant de la vie telle qu'elle se présente à nous, telle qu'elle demande à nous traverser. Maladie incluse, yes my dear ! Samedi, tous les petits ruisseaux de ma vie qui ont peiné à suivre leur cours ces deux dernières années étaient parvenus à atteindre les rivières avant de devenir fleuves confluant dans la mer où s'est baigné mon être.

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Vois à tes obligations maintenant, la baigneuse !



2 remous:

Anonyme a dit…

Un mot rapide: je vous envoie quelques titres de N. ce mercredi et je vous écris dans les 2 ou 3 jours qui viennent.
miladus

Maridan' a dit…

Et voilà les grâces qui se multiplient... Merci !