
Exception faite de l'avis -très sec- de suspension, il y a maintenant plus de deux semaines que j'ai déserté La Voix de la carpe. Un geste découlant d'abord du découragement, parce que retour de douleurs et de grande fatigue auxquelles s'est ajouté -fait plus rare, mais récurrent, à de grandes intervalles de temps toutefois- un déplacement (pénible !) dans le bas du dos qui fait qu'il a été bloqué une bonne semaine durant.
Il y a bien deux ans que de sérieux problèmes de santé se sont manifestés dans ma vie, faisant d'abord de moi une chômeuse, puis une assistée sociale. Je cumule tests et analyses médicaux depuis. On a posé un premier diagnostic de maladie l'an dernier, un deuxième cette année, et je dois prochainement passer d'autres tests et analyses pour en dépister (au moins...) une autre. Ma vie ressemble à des montagnes russes : retour de crise, atténuation graduelle, un bref bien-être (relatif, car la douleur est contrée par la prise continue d'anti-inflammatoires), puis retour de crise. En période de très grande fatigue, je peine à me faire même à manger; quand c'est moins pire, j'en profite pour sortir et aller à l'épicerie, à la banque, à la pharmacie ou à la bibliothèque, mais j'en reviens généralement crevée. Parfois, la visite d'une amie, d'un membre de la famille. Dans les bons jours, mais plus rarement, une sortie dans la famille, et à chaque fois, plusieurs jours pour récupérer. J'en suis même venue à rêver (!!!) de posséder un fauteuil roulant électrique afin d'aller me promener parce que, au-delà de 30-40 minutes de marche, je ne suis plus sûre de pouvoir compter sur mes forces pour revenir chez moi.
C'est pourquoi la navigation Internet m'a été précieuse tout ce temps : un lien avec le monde sans beaucoup d'efforts physiques à fournir. Écrire, ou retranscrire, deux activités de plaisir que j'ai chéries autant qu'il m'était possible. En plus de mes recherches d'images et de ma pratique du langage html en développement. Et lire et découvrir des sites, et échanger avec leurs auteurs parfois. Sans Internet, j'en aurais été réduite à une mer d'ennui ! Y a bien certaines émissions de radio à la 1ère Chaîne (mais durant la période estivale...), et quelques émissions de télé (sinon, c'est généralement nul -mais je n'ai pas le câble). Évidemment qu'il y a les livres, et comment ! mais même à leur égard, le minimum de concentration exigé pour leur lecture n'était pas toujours au rendez-vous.
Mais voilà que ces derniers temps, tout ça ne tient plus. Pas de la même manière en tout cas. Ma vie ne peut plus continuer comme ça. C'est-à-dire que, d'un diagnostic à l'autre, certains problèmes se sont tassés, mais je ne suis pas plus avancée que je l'étais sur le plan de la reprise d'un travail et d'une vie "normale". Je me retrouve encore aux prise avec l'incertitude de l'avenir liée à d'autres symptômes de source non encore identifiée, dans un état de santé instable et imprévisible, à vivre en assistée dans l'inSécurité du revenu.
Faites le calcul (paiements mensuels) : le loyer, $455.00 (445 avant juillet) ; Hydro, $65.00 ; assurance feu-vol, $20.00 ; vidéotron, $15.00 ; médicaments ± $20.00. Et je reçois $674.oo par mois. Ah et c'était sans compter le $80.00 à débourser 9 mois durant pour ma faillite personnelle dont je viens tout juste d'être libérée. L'an dernier, une très bonne amie m'avait prêté un gros montant d'argent, et j'avais pu régler quelques montants en souffrance. Maintenant, certains membres de ma famille m'aident, mais tout ça ne suffit pas, et surtout, ça n'est pas une manière de fonctionner à moyen ou a long terme.
Depuis janvier passé, j'ai envisagé un déménagement. Mais j'espérais toujours retrouver la santé et que les choses se replacent ! Enfin, n'ayant pas les forces de chercher un nouveau logement et d'empaqueter puis de dépaqueter, c'est resté en plan. Et puis pour aller où ? La plupart des logements plus petits (1 1/2 ou 2 1/2) ne représentent qu'une très petite économie mensuelle, et les chambres, y en est pas question. Et pourtant, un déménagement s'impose. Je ne peux pas continuer à vivre de la sorte. J'avais déjà vendu certaines choses, je vais devoir en vendre d'autres, mais ça ne suffira pas. (Si ça se trouve, je ferai peut-être une vente de garage sur mon blogue...!?!?) J'ai bien pensé aussi tenter de me trouver un peu de travail, soit de correction/révision, de rédaction ou de recherche, mais alors il faudrait que ce soit des piges et dans des délais pas trop rapides à rencontrer. Ça ne se trouve pas tout seul...
Alors voilà. Moi qui n'aime pas trop parler de moi, je vous ai quand même raconté tout ça. L'intention première étant de vous dire qu'il ne fallait pas trop compter sur ma présence ici encore. D'ailleurs, si je devais me remettre à bloguer assidûment, ce n'est plus sûr que ce serait dans cette perspective-ci. Ce qui me permet ici d'exprimer mon vif regret d'un rendez-vous raté avec Miladus (une proposition de dialogue autour de Nietzsche). Également, je vous remercie tous, vous les lecteurs et les lectrices qui se sont parfois transformés en commentateurs/trices, pour l'intérêt amical que vous m'avez manifesté. Un grand plaisir pour moi.
Si, vis-à-vis ma situation, vous avez des suggestions, des propositions ou des commentaires, ne vous gênez pas !
J'espère que la vie vous est douce, et que la mienne prendra un tournant décisif pour le mieux dès que possible. À un de ces 4 !



11 commentaires:
Je te souhaite bonne chance Maridan. Je suis très émue de lire tout ça que j'ignorais. Prends soin de toi.
Salut Maridan, je viens de visiter votre blog pour avoir de vos nouvelles. Et je suis attristé par votre situation. Je vous remercie encore pour le joli poème que vous m'avez fait !
Je vous souhaite du courage et de la volonté pour vaincre l'adversité. Vos commentaires le prouvent ; vous êtes une battante.
À Catherine : Merci ! Je t'avoue que "prendre soin de moi" est une activité si prenante que j'aimerais bien la délaisser pour d'autres, éventuellement, et aussitôt que plus tard...
À Gokuyoko : tiens ! un retour pour le moins étonnant ! Vous savez choisir vos opportunités. Une partie d'échecs qui se poursuit ? Merci pour les bons mots. Et, vous avez raison, je suis une battante. Même 6 pieds sous terre, on n'aurait pas fini d'en découdre avec moi. Mais, ça, ça ne pourra être démontré avant bien longtemps. Passez donc le message (vous, lui étant proche) à Sa Majesté CAC 1ère que je lui baise les pieds (toujours à la manière ancienne des baise-mains des bossus, bien sûr), puisque, comme vous le savez, je ne puis plus le faire moi-même dans son espace. Stratégiquement vôtre.
C'est fou comme il manque de mots, quand on est ému... En tout cas, moi je ne sais jamais quoi dire. Oui, comme Catherine le dit si bien, prends soin de toi, mais je comprends aussi que tu préférerais, et de loin, passer à autre chose.
Courage donc, et mes pensées t'accompagnent.
maridan, tu es une petite lumière
dans nos trous noirs d'humains
tu éclaires les jours de misère
avec un simple geste de la main
hâte de te relire
porte toi bien
le mieux du monde
À Daniel : Merci ! Et bonne semaine dans le Bas du fleuve bientôt !
À Marie (mais d'abord à ses proches) : Un interrupteur, ça existe, montrez-lui, kekkun ! Elle cherche la lumière ! (Et là, vraiment à Marie) : Ben je sais pas comment je peux éclairer alors qu'il fait passablement noir che'nous ces temps-ci... même le soleil est noir ! Ah ce doit être ce qu'on a qualifié déjà chez moi comme étant mon "opacité lumineuse", ah voilà, tout s'éclaire ! Salut la carmine snob et méchante (bin... c'est toi-même qui l'as écrit !), xx
méchante? ah ça non, j'ai jamais dit ça! snob, peut-être à mes heures
mais ton courage est une lumière je trouve
peut-être est-ce ridicule, je m'en excuse
Bin... moi qui pensais te faire une démonstration supplémentaire de l'assiduité de ma lecture de tes écrits, même dans tes commentaires, c'est carrément loupé ! Même peut-être pire, si jamais ça t'a blessée. Désolée...
Si je me souviens bien, c'est quand tu échangeais avec l'un de ceux que tu avais classé parmi les "méchants" (Ed, peut-être ?), dans tes liens, que je t'avais vu répondre de la sorte, à la blague, comme ce fut ici mon intention. Autrement, je pourrais pas dire si t'es snob ou méchante, en tout cas je n'ai rien observé de tel chez toi ni sur tes blogs ni dans nos échanges privés.
Ton commentaire n'avait rien de ridicule, Marie, rien du tout. Il donne toutefois à voir une fois de plus, et ma réaction avec lui, que le regard du lecteur et celui de la personne qui écrit ne décèlent pas la mêne chose dans ce qui se donne à voir. Autrement dit, je vis tellement souvent des moments de découragement que j'en viens à ne plus voir qu'il pourrait y avoir du courage qui émerge malgré tout. Enfin, c'est peut-être aussi parce que ça ne m'apparaît pas tant être du courage que le fait que j'aime la vie, malgré qu'elle m'en fasse baver. Qu'elle m'en fasse baver ne détruisant pas la Beauté qu'elle contient car ça n'a strictement rien à voir avec elle. Pardon et merci, Marie. (Ah et pis en plusse, c'est parce que, n'est-ce pas, je n'ai pas intitulé mon lien vers chez toi "Nébuleuse Marie-lumière" sans raison. Il semblerait donc qu'on soit éclairantes l'une pour l'autre... Ce qui confirmerait ce que je pense une fois de plus : si une lumière nous habite, ce sont les autres autour qui peuvent en être éclairés, ça n'est pas fait pour soi-même.)
je n'avais pas fait le lien avec Ed, excuse-moi et ce n'est pas grave du tout, j'ai juste été surprise!
tout est dans la perception oui
c'est très difficile d'être limpide, compris de façon globale et par tous, voire impossible
j'essaie toujours cela quand j'écris, et j'écris de choses fort simple, mais on voit à quel point une expérience vécue et sensible n'est pas si simplement transmise
cela dit, ton courage, à mon avis, se tient tout entier et bien solide dans le "malgré" de ta phrase
"que le fait que j'aime la vie, malgré qu'elle m'en fasse baver."
Qu'ajouter ?
Le charme de votre esprit, chère carpe, nous procure aussi beaucoup de plaisir.
J'ajoute ma voix aux autres : portez-vous bien, je suis de coeur avec vous.
Marie : j'imagine, oui, qu'il peut y en avoir un peu dans le "malgré". Ce vers quoi je préfèrerais faire se porter les regards, c'est sur le fait qu'on n'a guère de mérite à être épris par la Beauté. Tiens, baisser les bras tout de bon ou mourir, alors que je ne pourrais plus jamais te lire ?? Jamais d'la vie !! (^_^ jamais d'la "vie", ô ironie quand tu nous tiens !)
Égrégore : vous me mettez de la pression et soulevez une grande vague d'inquiétude en moi (oui, oui, vous faites tout ça !), car je n'ai pas le contrôle sur ce que vous qualifiez de charme de mon esprit, or, de ce fait, le danger de ne plus vous plaire pourrait surgir de tous les instants... Ça c'est déjà vu, ailleurs, et ouille, c'était pas beau... "Vivons heureux, vivons dangereusement" ? Merci de l'ajout de votre voix. On doit ouvrir les boîtes de scrutin demain... Si je suis élue, j'aurai alors une rente à vie assurée !
Jeuhh blagueuhh !
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