17.8.05

Qui trop embrasse...

...mal étreint

Qui n'est pas habité d'un trillions de désirs ou d'idées comme bibi n'a jamais eu à en découdre tellement avec le vieil adage. Et puis, ces trillions là s'envolent souvent comme des mouches quand on se retrouve en plein désert. Ne demeure parfois que la trame du canevas devenu inhospitalier à toute matière vivante, créatrice ou pas. Et quelle relation avec Madame Butterfly, demandez-vous ?

Madame Butterfly est de ces femmes bercées d'espérances et d'illusions, qui ont des élans de joie et des heures de mélancolie, qui pleurent et souffrent avec une amertume toute intérieure.

On peut s'identifier à cette description du personnage à divers degrés à divers moments, une chose est claire, son destin n'est pas le mien. Je n'ai sacrifié ni famille, ni honneur ou religion pour un lieutenant frivole de la marine (surtout pas américaine ! ...je ri-go-le). Que nenni ! Je n'ai jamais fait ma petite révolution qu'à titre personnel (occasionnellement sur un champ plus élargi), et d'abord et avant tout pour gagner un peu plus de liberté intérieure de bataille en bataille.

Madame Butterfly n'a d'autre raison d'être ici que par le fait que j'écoutais le mirifique Love duet de l'opéra de Puccini au moment de commencer cette note. Sorry, relents d'une chronique diariste qui s'attarde et d'une digressionniste (ça se dit, ça ?? en tout cas si ça se dit pas, ça se pratique) à la puissance 100.

J'ai fait le rêve... Oui, Martin, et je le fais encore à chaque jour. Et pardon, car celui dont il va être question est sans rapport. J'ai rêvé, il y a bien longtemps, d'un oiseau, une perruche en fait, qui pondait, pondait, pondait. Évidemment, à ce train là, peu de bébés perruches rendus à terme. Je me suis souvent sentie comme ça, pondeuse ad libitum d'idées et de rêves mourant avant terme ou se révélant non viables à moyen ou long terme, sauf quelques rares. Quand on vient d'où je viens, de cette nuit des temps où s'est incrustée la conviction d'impuissance des nés pour un p'tit pain, on se dit d'abord que c'est parce qu'on est trop nul pour parvenir à quoi que ce soit. Ainsi ai-je vécu mes 0-20 ans, paradoxe ambulant sur deux pattes, puisque j'étais première de classe et complètement nulle !

D'accord, j'exagère un peu, mais c'est afin de faire bien sentir l'état ambivalent qui a primé chez moi jusqu'à l'analyse. Analyse, et non psychanalyse, puisque les séances se passaient en face à face et se tenaient au rythme de une ou deux par semaine, selon mes besoins et mon fric. (Dis donc, t'es pas sur le divan, Maridan', alors c'est pas le temps de t'étendre !) Oui bon, abrégeons.

J'ai donc fini par apprendre par coeur la définition de l'illusion et par me faire la preuve qu'y avait pas de bouton interrupteur d'idées dans la boîte crânienne (ce qui, pensez-y, laisse le mystère entier quant à leur origine). J'ai également appris que les rêves ne se concrétisent pas sans plans et sans efforts (adieu, pensée magique !), et qu'ils sont soumis à mille et un aléas. Adieu fatalisme.

Quoique. Quoique la fatalité, elle, existe. Mais la persistance itou, et elle n'a plus de preuve à me faire.

Aujourd'hui, à cet instant, j'ai plein d'idées, de désirs, de rêves. J'en dresse la liste. Je fais le tri. Et j'établis lesquels auront ordre de priorité. J'en retiens plusieurs, peut-être trop. Les raisons de survie sont actuellement déterminantes, les obligations occupent pas mal d'espace. Enfin, le besoin de respirer à l'air libre est incompressible. On ne peut jamais faire que son possible, n'est-ce pas.

Tiens, il m'en vient une, d'idée, là. Puisque j'en ponds, comme Luc Plamondon des chansons, je pourrais m'ouvrir un petit kiosque comme idéatrice et distributrice de rêves pour ceux qui en manquent ou en cherchent. Pas donnés, parce qu'il faut bien vivre, mais pas très chers non plus. Celle-là, c'est sûr, c'est une idée gagnante.



Aucun commentaire: