16.8.05

Le bateau des Trois-Pistoles



Victor-
Lévy
Beaulieu,
en
parallèle
à cette
toile
de
Dali ?

Why not ?

Donc...



Je voulais faire une brève note ce matin. Elle le sera, malgré tout ce vers quoi pourraient m'entraîner les mots avec cette toile de Dali, forte représentation/révélation pour moi, qui habite mon champ de vision (une mini-reproduction en fait, zut) depuis... environ 25 ans. Mais, l'univers de VLB, depuis bien plus longtemps encore mon esprit !

Avant de retrouver la page au coin corné tantôt, je me disais qu'associer Dali et VLB serait peut-être saugrenu. Mais mon esprit avait déjà discerné avant ma raison que ce ne le serait point. Voici :

« Vieilles formules usées dont je refuse de sortir par crainte de ne trouver que le vide en moi et hors de moi et je ne veux pas mourir, je m'accroche à la vie parce qu'elle me désespère trop pour que je n'essaie pas d'en faire quelque chose. Faut être patient envers soi-même, arriver même à se servir de son insipidité pour vaincre la folie de la vie errante. »

C'est évidemment moi qui ai mis en caractères gras. Brève, j'avais dit, et c'est. Puisque c'est pas interdit d'y revenir.


Extrait de :
Victor-Lévy Beaulieu, Jos connaissant, Éditions Trois-Pistoles, 1996.


7 commentaires:

Anonyme a dit...

L'Héritage I, à en point douter.

Anonyme a dit...

Tellement bref que j'oublie ma négation.

Danielle a dit...

Oui, Jos connaissant ayant paru en 1970 pour la 1ère fois.

Une écriture de jeunesse de VLB à la conscience aigue précoce qui se lit plaisamment, je trouve (suis pas rendue très loin encore, mais j'entre dans le décor comme si je l'avais déjà fréquenté. Ben c't'affaire !).

PGD a dit...

Au sortir de l'université j'ai commencé à lire VLB, ses essais, particulièrement. Depuis, je n'arrête pas d'en tomber en bas de ma chaise. « Entre la sainteté et le terrorisme » est à mettre entre toutes les mains... sans parler du « Manuel de la petite littérature du Québec ». Quel écrivain généreux ! Et nous, en bons élèves, se sémiotant le bout du signe, l’occultions, le nez pris dans les livres de cours ! C’était complètement ridicule, ridicule comme ceux qui lui ont reproché sa critique des «jeunes» écrivains.

Car c'est au moment de la publication de « Je m'ennuie de Michèle Viroly » que je suis devenu un lecteur de VLB, comme on dit. Ce roman, c'était un porte ouverte à de nouveaux lecteurs, je pensais, à ceux de ma génération. J’ai embarqué sur le train en marche.

Danielle a dit...

"se sémiotant le bout du signe" : ah ça, celle-là elle est formidable ! Encore : "se sémiotant le bout du signe", je me tords de rire jusqu'à rouler par terre ! Je serais VLB que je serais pas peu fier (ou fière ?) à lire cela.

La verve de VLB ne semblant pas sur le point de s'éteindre, le train promet de rouler encore et encore. En ce qui me concerne, ça fait longtemps que je suis embarquée, mais je me rends compte que je me suis surtout contentée de contempler la vue, ou de dormir sur un lit-couchette. C'est déjà ça, quand même. Oh je me suis bien aventurée dans le wagon de la "Fabrique", mais la visite a été écourtée. J'ai mieux exploré le passage De race de monde au Bleu du ciel, mais ce n'est encore qu'une goutte d'eau dans l'océan véelbéen. Faque lâ, lâ, m'en vas commencer à m'intéresser encore plusse aux "grosses machines", pis faire le tour des aut' "ouagueunnes". Les gars, on s'donne quand même du temps devant nous autres pour en parler pis en reparler, hein ?

Pis j'oublie pas Ducharme non plus. Manque de pot, j'étais pas en forme lorsque j'en avais emprunté deux à la biblio, mais m'en vas me r'prendre. Hein ? Oui, z'avez raison, ma table est pas mal chargée, mais elle est solide (plus que moi, pfft) pis y a pas le feu. Y a juste des limites en tout genre dans lesquelles ne pas se laisser enfermer.

PGD a dit...

Je suis très heureux que ça vous fasse rire ! Pour moi, cette boutade résume de bien coûteuses années d'étude. Mais je n'aurais jamais pu l'écrire sans elles.

«Les mots des autres», de VLB, est un livre merveilleux : le témoignage d'un éditeur et d'un écrivain oeuvrant corps défendant à ce que l'écriture québécoise existe. Il faudra toujours en parler, des mots des autres. Lui les édite encore. Mais ne se présente pas aux salons, y paraît !

Parlant de grosses machines, Réjean Ducharme. L’écrivain a une réputation inversement proportionnelle à ses photographies –une chose rare, si je puis dire. Et il faut aussi parler de Roch Plante. Tout un artiste, unique en son genre, quoi.

Ducharme est un écrivain si compliqué, si populaire à la fois que je n'y comprends rien. Je ne lis pas beaucoup de romans, c’est un mauvais pli que j’ai, mais de Ducharme sur mon île déserte j’emmène «La fille de Christophe Colomb», son roman en vers, dont voici la première strophe, hilarante : « A Manne, ivre, sur le dos, sur un banc mou, / Une poule, dans son langage, réclame la tête du barbier. / Parmi les touristes, cela provoque un tel remous / Que tout le monde manque de se noyer. »

Danielle a dit...

Votre boutade, modeste homme, confirme que "la perle est l'aménagement de la souffrance". Parce que, autant elle m'a fait bien rigoler, autant j'en aime l'esprit et la grande intelligence ainsi placée dans le contexte où vous l'avez sertie.

Je suis comme vous, à préférer les essais, et avais emprunté "Les mots des autres" en même temps que Ducharme, mais ces livres sont demeurés lettres mortes, de bon ton pour s'accorder à mon état d'alors. J'me reprendrai ben !

Qu'est-ce qu'elle est jolie, cette "Fille" ! Ces incongruités sont ravissantes. Et... z'avez vu ?? chez Ducharme, y a aussi des ReMoUs !!