
Voici un extrait que nous donne à lire la plus récente lettre de diffusion de Périphéries.net. Tiré de l'ouvrage C’est pour ton bien de la psychanalyste dissidente Alice Miller :
« Au cours de cette période, il rendit visite à son père et s’aperçut très clairement pour la première fois que son père lui infligeait de perpétuelles vexations, soit en ne l’écoutant pas, soit en se moquant de tout ce qu’il lui racontait et en le tournant en dérision.
Lorsque le fils le lui fit remarquer, le père, qui avait été lui-même professeur de pédagogie, lui répondit le plus sérieusement du monde: « Tu peux m’en être reconnaissant. Plus d’une fois dans ta vie tu auras à supporter que l’on ne fasse pas attention à toi, ou que l’on ne prenne pas au sérieux ce que tu dis. Si tu l’as appris auprès de moi, tu y seras déjà habitué. Ce que l’on apprend jeune, on s’en souvient toute la vie. » Le fils, alors âgé de vingt-quatre ans, en fut interloqué. Combien de fois n’avait-il pas entendu ce type de discours sans mettre le moins du monde en question son contenu. Cette fois cependant, il fut pris de colère, et (...) il dit: « Si tu voulais vraiment continuer à m’éduquer selon ces principes, en fait, tu devrais aussi me tuer, car un jour ou l’autre il faudra que je meure. Et c’est comme ça que tu pourrais m’y préparer le mieux! »»
Voilà une parfaite illustration de méthodes éducatives qui semble-t-il n'ont pas fini de s'exercer, et pas seulement en famille ou dans les institutions d'enseignement. Un autre livre à inscrire sur ma déjà-trop-longue-liste. Alice Miller a publié de nombreux ouvrages, la plupart du temps accessibles à tous. J'ai beaucoup apprécié lire déjà Le drame de l'enfant doué et L'enfant sous terreur (et probablement un 3e dont le titre ne me revient pas). Cela dit, je rappelle que le fait d'apprécier un auteur ne signifie pas que l'on partage entièrement ses idées sans discussion.



7 commentaires:
Un utilisateur de blogspot pourrait-il me dire si l'option de prévisualisation d'un texte avant publication lui fait actuellement défaut à lui aussi ?
Notre corps ne ment jamais, ou quelque chose comme ça est, je crois, un de ses titres.
Dame fort intéressante, dont j'entends parler depuis longtemps, que je me promets de lire avant le prochain siècle.
"Mon corps ne ment jamais" : ah bon ? en voilà au moins un à ne pas le faire ! L'affaire, c'est que je ne connaisse point encore une science ou un savoir qui décode complètement son langage, ce qui peut rendre suspects les savoirs partiels.
"Anatomy is destiny", dixit Freud. Tell me about it !
Freud a dit ça? Quel homme! ;)
Bah ouais. Et pris hors de son contexte, on peut résumer l'existence à « vivre pour donner la vie ». Question d'anatomie. Conséquemment, destin. Yé.
Au fait, la synergologie, de Turchet. Très superficiel, et puis, bof... mais comme lecture de dimanche matin pluvieux, entre La Presse et Nietzsche.
Naître et mentir, Croire et renaître ...Reconnaître et mourir ?
La synergologie, je veux bien, mais l'homme (et que dire de la femme !) étant un animal signé, ça prend de sacrés lecteurs pour recevoir leurs stimuli et pouvoir encore les interpréter.
Mmm, pour moi, pas de journaux. Alors, entre Nietzsche et Nietzsche, je m'expose aux orages ou aux pluies fines, de nouveaux baptêmes.
Cher Égrégore, je me suis enfargée dans les fleurs de mon anatomie lorsque je vous ai primement répondu. Je voulais juste vous dire : un Égrégore a tout le Temps devant soi, et avant, et maintenant, alors le prochain siècle, hein...
Ce n'était que des fleurs de rhétorique.
Je crois que le titre exact était plutôt : « Notre corps ne nous ment jamais ». En tout cas, Languirand en parlait à la rédio.
Le temps rétrécit, déjà...
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