
« Voici l'hypothèse à laquelle me conduit la lecture de ces trois auteurs*** : l'horreur historique ne suffit pas pour induire l'idée du non-sens comme vision du monde ; celle-ci ne s'impose que lorsque s'y ajoute, premièrement, le malheur personnel et, deuxièmement, une certaine conception philosophique, hautaine et solitaire, de l'individu. »
***Jean Améry, Charlotte Delbo, Imre Kertész
Nancy Huston, Professeurs de désespoir. Actes Sud, 2004. 380 pages.



4 commentaires:
Ce livre était fort intéressant, surtout cette partie sur les survivants de l'holocauste....
Bien le bonjour, mister JP, bienvenue en ces lieux.
Ce livre de NH est une somme, et sa lecture a tellement remporté mon assentiment d'une page à l'autre que j'en suis venue à m'en méfier... voyez-vous ça !!
J'ai tout juste lu un peu quelques auteurs sur lesquels elle se penche, que je ne saurais suffisamment juger de l'adéquation de son propos à leur endroit, mais les idées qu'elle expose et défend m'intéressent au plus haut point. C'est un livre que j'aimerais posséder (mon exemplaire vient de la biblio, eh), afin de travailler un peu avec.
Tout ça pour dire que, effectivement, les quelques pages où il est fait mention de l'holocauste (celles consacrées à Bernhard et dans sa conclusion) relèvent de bons points. Je compte y revenir (au livre et à Bernhard, en fait). Mais vous-même, si vous voulez élaborer, faites, faites...
J'ignore aussi si elle a raison, j'ai lu peu des auteurs qu'elle mentionne.(
beaucoup Schopenhauer que j'adore mais pas pour les mêmes raisons que ces « professeurs du désespoir » - c'est surtout la clarté de sa pensée que j'admire - tout Kundera que j'aime beaucoup aussi, et un peu de Cioran, qui me tape souvent sur les nerfs), mais j'ai lu ce livre comme une sorte de manuel préventif, parce que je sens que j'ai exactement le type de personnalité qui pourrait tomber dans le « néantisme ». J'ai déjà présenté des symptôme par le passé : tendance à m'isoler, forte misanthropie, forte propension à voir la réalité comme absurde, etc. Par contre je ne partage pas du tout le « dégoût de la maternité »... Ce livre m'a surtout donné envie de lire Beckett. Je n'ai lu que Godot. Et hmm... c'est tout pour ce soir.
C'est très intéressant ce que vous nous partagez. Et c'est pourquoi je compte y revenir (bientôt, car j'dois retourner le livre d'ici une semaine) dans un autre billet, car il y a bien des petites choses sur lesquelles se pencher, réfléchir et discuter dans votre commentaire et dans le propos de N. Huston. Merci, et ne vous gênez pas pour revenir commenter : ça a beau être un blog ici, je ne limite pas la longueur des commentaires, ni leur nombre.
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