
Voilà plus de vingt ans (au minimum) que j'ai découvert Norman Rockwell. Via un méga-calendrier contenant douze de ses illustrations, calendrier que j'ai conservé, et même réutilisé, en trichant un peu ! La cocasserie de son art m'a souventes fois amusée, et encore ce soir. C'est pourquoi je lui voue ce billet, et pour l'avoir à portée de main whenever I'll feel blue, car le blues ne saurait résister à son art.
Ici : SPÉCIALE DÉDICACE pour ...MILAD :
Dans les années vingt, les Américains cèdent à une sorte d'engouement collectif pour un retour aux sources. Ils trouvent dans les Pères pèlerins, cabanes de rondins et antiquités de toutes sortes un contrepoids aux maux qu'apporte la révolution des moeurs engendrée par le progrès et la modernité. Ici, un brave homme du XVIIe siècle renvoie les lecteurs de 1923 à leur gloutonnerie traditionnelle lors du dîner de Thanksgiving.

SPÉCIALE DÉDICACE pour ARTISTES et PHILOSOPHES de tout poil :
Morceau de bravoure du réalisme rockwellien, ce tableau pose également une question philosophique : l'artiste peut-il « mentir », même quand il peint les objets avec une saisissante ressemblance ? L'art réjouissant de Rockwell relève-t-il du mensonge ?

À NOS SOUVENIRS DE FAMILLE
Les détails sont traités avec un soin obsessionnel : les noeuds impeccables qui attachent le bateau sur le toit à l'aller, et les cordes effilochées du retour ne sont que l'une des incitations à décoder le tableau à partir des indices qui différencient le matin et le soir. Comparez les visages réjouis et les attitudes dynamiques du départ avec la fatigue générale au retour. Seule la grand-mère n'a pas changé d'expression.

SPÉCIALE DÉDICACE ...pour moi
(z'avez qu'à bien lire et bien regarder) :
Irrité par les modifications que la rédaction apportait à ses oeuvres sans son autorisation, par les restrictions qu'elle imposait au choix des sujets, et par le fossé qui se creusait entre les préoccupations du « Post » et l'effervescence sociale croissante, Rockwell rompit avec le magazine au moment où le Mouvement des Droits civiques commençait à prendre de l'ampleur.
(cliquez sur les trois premières images pour les voir en grand format - sauf la dernière - et sur la quatrième pour lire à son sujet(en anglais))
Les annotations en italique accompagnant les illustrations proviennent de :Karin-Ann Marling, Norman Rockwell : 1894-1978, Le peintre préféré de l'Amérique. [Daniel Roche (Traduction)], Taschen. 2005. 96 pages.
Et découvrez le site THE NORMAN ROCKWELL MUSEUM.



9 commentaires:
L'Americana de Norman Rockwell! Parfaitement irréelle bien qu'hyperréaliste. J'adore! Juste un cri du coeur, sans analyse. Un truc purement émotionnel, avec un zeste de nostalgie pour une Amérique idéale qui n'a probablement jamais existé qe dans l'imaginaire du peintre.
J'aime beaucoup aussi! Sais-tu qu'en cliquant sur la dernière image, on arrive à une longue liste d'illustrations? Merci, Maridan'!
J'adore itou, Dubuc, et partage ton emballement bien raisonné. Ça soulève tout de même une question : que conclure si, comme l'ont dit d'autres mieux que moi, les créations de son imaginaire, c'est déjà les vivre un peu dans la réalité ?
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Choubine : Hein ?? Tu m'dis pô !!
Bon, 'scuse-moi, des plans pour que tu ne reviennes pas de sitôt poser ta griffe choubi-dou-dou-wa..
Bien sûr, je sais, pour les liens, et tant mieux si tu en as goûté le plaisir, mais la plupart des images de mon carnet mène très souvent à des pages ou des sites extra-sensationnels à découvrir ! (pas celles, dans les archives, des premières semaines, mais à partir du moment où j'ai découvert des trucs html, oui, j'ai tenté le plus souvent de mettre un lien-image à chaque fois que celles-ci provenaient de pages ou sites d'intérêt. Des heures de plaisir pour toi, si tu veux remonter le temps... sinon, PRIMEUR ! te fatigues pas trop, je travaille (ça prend un peu de temps, quand même) à monter quelques pages de liens où seront regroupées les merveilles découvertes en chemin, au hasard de mes petits bonheurs).
La piqûre est formidable... Même fulgurance que Gary Larson.
B'jour Fernand, vous êtes une vraie mine d'or pour vot' patron, lui qui connait déjà tant et tant de chose ! J'ai cherché à savoir qui était ce Larson sur la toile, et je me suis ren due compte que tout ce que je connaissais de lui datait de ma découverte de cet ironique et divin dessin il y a environ 2 ans (ça vous dit kek'choz ?) :
Dieu
Sinon, il a ps trop mal réussi dans la vie, hein... :
Aux Caraïbes
très belle idée que ce post. C'est amusant de voir à quelle point Rockwell a su traverser les années d'après-guerre d'une Amérique heureuse ou qui se rêvait heureuse. Je suis tombé récemment sur
cette page. Un parallèle étonnant entre certaines toiles de Rockwell et certaines scènes du film de Zemeckis : Forrest Gump, le film qui se prend pour Rockwell, mais 40 ans trop tard !
Ah merci pour le lien, proc', ça pourra profiter à qui aura vu FG, ce qui n'est pas mon cas (overdose de Tom Hanks à l'époque). Au sujet de Rockwell, s'il est vrai que certaines de ses illustrations sont marquées par une époque, celles qui me ravissent le plus sont celles telles que La petite fille et le brocanteur ou La sortie, parce qu'elle sont en elles-même des histoires entières qui en valent bien d'autres écrites. Ou peut-être précisément parce qu'elles laissent un bonne place au déploiement de notre propre imagination...
Norman Rockwell, il existe doublement chez moi. Sous la forme de deux mugs.
L'art ramené au réel du quotidien en somme. C'est bien aussi [dans la même lignée que le calendrier] ;o)
[euh sinon, off-note comment : non, je n'appâte pas. c'est beaucoup plus simple chez moi : j'le pense, j'le dis. ;o)]
[[thanks pour le fil RSS ;o)]]
UU, deux mugs ? Alors deux CAC potentiels ?? Yessss !
À propos du "off-note comment", c'est bien noté, et vous remercie. Simplement, voyez-vous, une carpe se voit bien retournée par des attributions de noblesse provenant d'outre-Atlantique, surtout qu'elles ne sont pas distribuées à doses homéopathiques, d'autant plus quand le phénomène se reproduit et est amené par diverses personnes, et que la carpe ne voit pas ce qu'elle a bien pu faire pour se les mériter. (j'ajoute, parce que je la connais, ç'te carpe, qu'elle n'a pas la charpente pour supporter une éventuelle grosse tête, et qu'elle se trouve déjà bien suffisamment de déformations comme ça... ^_^ !)
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