
« Il ne digère qu'une sorte de boisson (la sienne). On l'a refusé comme dégustateur.
Il ne comprend qu'une sorte de littérature (la sienne) et on le garde comme professeur. »
« Si tu apportes quelque chose de bon aux hommes, attends-toi à être puni. »
« Un lutin s'amuse à te dessiner partout où je regarde. »
« Les deux façons de corriger la société : l'ironie et le fusil; l'ironie est plus drôle. »
« Il a passé sa vie loin de sa vie. »
« S'il y en a une qui n'a pas la paix, c'est bien la paix ! »
« Octobre.
C'est plein de chasseurs aux aguets dans les anses.
Avant que le soir tombe, cette famille de chevreuils sera morte.
Le bonheur est difficile, il y a trop d'affamés. »
« Se réjouir de l'échec d'un autre, c'est se trahir : c'est avouer en être un ! »
« Francis :
"Je n'ai pas de talent pour la chicane, je suis pauvre pour longtemps." »
« Les fertiles.
Il sont dix dans le monde à créer, mais ils sont cent mille stériles à décréer, à crier que rien n'est neuf, à traiter de vieille copie le matin de ce matin.
Garde l'enthousiasme. Sans lui, tout est redite. »
Félix Leclerc, Chansons pour tes yeux. Éditions Fides, Montréal, 1976. 119 pages.



15 commentaires:
Magnifique! Je ne connaissais que quelques chansons de l'immense Félix. Ces aphorismes donnent à réfléchir. Merci!
Je ne sais pas si l'ironie peut corriger la société. La dérision peut-être, le fusil certainement, si c'est le dernier recours...
Ah tiens, bonjour m'sieur Dubuc ! Ah oui, Félix avait le sens de la formule. "Chansons pour tes yeux", "Le petit livre bleu de Félix", "Pieds nus dans l'aube", etc., c'est à lire et relire (je le fais régulièrement, ça me fait le même effet que lorsque je me rendais près des petits ruisseaux - eaux vives-, enfant).
On peut effectivement se demander si l'ironie a le pouvoir qu'il lui prête, mais peut-être est-ce là l'effet du passage du temps, car la prise de parole était autre à l'époque où il a écrit cela. En le lisant hier, j'en relevais qui ne seraient plus actuelles dans leur contenu, mais l'intention, elle, reste éternelle.
Me ferais bien une choucroûte moi.
Vous fournissez la saucisse et je fournis le chou ? Et on se tapera des p'tits chouchoux à la crème pour dessert !
Roooo comme vous y allez... Et le vin, un pineau noir d'Alsace ?
Excellent ! Et si l'on a soif encore, j'ai tout plein de Maridan en réserve...
Ooooh mais qu'ai-je écrit là !!! Je voulais dire du Madiran, ç't'affaire...
Vous lapsussez ? Je lacane pas trop mal. Quelle soirée culturelle en perspective. Diable.
Rite cultuel de la culbute : une pincée de pixels, une gorgée de Madiran, une pincée de pixels, une gorgée de...
Observation : ça ne chasse pas le diable au corps, bien au contraire.
PS d'observation de la 1ère : c'est ainsi que l'esprit vient aux filles, et aux garçons...
Diable
il y a aussi celle ci que j'aime bien:
"Le verbe aimer pèse des tonnes. Des tonnes de chagrins, de joies, de chair, de sang, de doutes, d'extases, de cris. Ne le fuis pas. Le verbe "ne pas aimer" pèese encore plus lourd."
Marquis de Moncalm
Il aura fallu, cher Marquis, le souffle de Félix pour vous voir apparaître ici. Pourquoi ne suis-je donc pas étonnée du choix de roi que vous nous offrez ?
Aimer, sait-on bien ce que c'est...
Damned! Tout cela est tellement bô! et bien écrit! J'en tremble d'émotion!
Sur les conseils de Fernand M, je prendrais bien un Madiran!
Mais, reprenez votre souffle et venez, venez que je vous serve un bon verre ! Nous trinquerons au succès de vos incredibles adventures throughout our big big world !
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