
Selon Nietzsche, « Ce que nous faisons dans notre intérêt ne doit nous rapporter aucun compliment d'ordre moral, ni de la part des autres ni de la nôtre; tout comme ce que nous faisons pour nous réjouir de nous-mêmes. Refuser dans les cas semblables les attitudes pathétiques et s'abstenir soi-même de tout pathétique, c'est de bon ton chez tous les hommes supérieurs : et celui qui en a pris l'habitude retrouve le don de naïveté. »
Que voilà une position et une perspective claires ! Si je m'autorisais — c'est fait — une interprétation et une application personnelles du propos de Nietzsche, je pourrais ainsi dire que la bloguiste que je suis (et quelques autres avec moi) n'est pas une homme supérieure, et quel combat cela exige-t-il de moi que de ne pas me laisser gagner par ces démons tentateurs qui me susurrent à l'oreille : « Oui, mais tu es si naïve, si supérieurement naïve ! Cela signifie bien quelque chose ! » Ce à quoi je réplique : « Bzzz ! Wrong conclusion ! » Ici, dois-je dire, une chaude vague de reconnaissance m'envahit au souvenir de mes cours de logique* mathématique auxquels je peux encore recourir aujourd'hui, car ils me permettent d'opposer à ces petits diables de fermes Vade retro ! Psscht ! Allez, ouste !

Évidemment, le seul fait d'exposer publiquement mon combat intérieur me disqualifie ipso facto dans toute prétention au titre nietzschéen évoqué. Non qu'il fut nécessaire d'en rajouter ici, sur cette (ma) scène extérieure, où motifs intéressés et pathétiques encombrent tant le décor. Que penser alors de la folie qui m'entraîne à pousser la note en multipliant les scènes où me produire !
Rien de mieux à faire que de me tourner à nouveau vers Nietzsche : « Quoi ! Tu as encore besoin de théâtre ! Es-tu si jeune encore ? Apprends la sagesse et cherche la tragédie et la comédie là où on les joue le mieux ! Là où tout se passe de façon plus intéressante et intéressée ! Certes, il n'est pas facile d'y rester simple spectateur, — mais apprends-le ! Et dans presque toutes les situations difficiles et pénibles pour toi, tu conserveras une petite porte ouverte sur la joie et un refuge, même lorsque tes propres passions fondront sur toi. Ouvre ton oeil de théâtre, le grand troisième oeil qui considère le monde à travers les deux autres ! »

Ouais... Me voilà vraiment mal fichue une fois de plus ! Une fois, dis-je, pffft ! plusieurs ! Mal fichue, je suis, avec ma myopie, mon astigmatisme et ma presbytie galopante ! Ah par contre, si ça se trouve, un traitement au laser pour corriger mon seul 3 oeil me ferait en économiser un second. Un spécialiste du 3e oeil dans la salle ??
N'empêche, n'empêche... Certains, connaissant les limites de ma vue de taupe, admettent tout de même, fut-ce en grinçant des dents — ou en rigolant, fréquemment — que je suis assez douée pour pressentir le théâtre souterrain où les vampires se cachent, fuyant la lumière. Ils savent également que je prise peu le burlesque des jeux de coulisses, lorsque plus ridicule qu'à son tour.
Je n'aime point me faire charrier — et ce n'est pas que je n'offre pas quelque résistance ! —, mais il faut me croire lorsque je dis que j'entends (au moins un brin) à rire. Voyez un peu, avant que je ne termine, ce que Friedrich prône : « Que vaut un penseur, s'il ne sait à l'occasion échapper à ses propres vertus ! Non, il ne doit pas être "seulement un être moral" ! » D'autant pour moi, dilettante penseuse car non estampillée. Et c'est ainsi que je me prête encore de bonne grâce à faire des tours de manèges supplémentaires, ou à participer à un jeu de pistes. M'semble tout de même que j'aurais droit à faire affaire avec "un être moral", au cours de mes rencontres, de temps à autre...
Le droit, pffft !
Hé hé.
Curieux, j'entends comme des roucoulements, pas vous ? Ça résonne comme "Houroundi, Aurore, Houroundi, Aurore, etc." Non ??)
* Pour qui ne saisirait pas le principe mathématique évoqué, écrivez-moi en privé, je vous l'expliquerai.
Extraits, pages 342 et 343 :
Friedrich Nietzsche, Aurore. Gallimard, Collection idées. 381 pages.



3 commentaires:
J'aurais voulu pouvoir insérer quelque part dans le texte que, depuis que ma Mathilde préférée parmi toutes les Mathilde que je connais (j'en connais pas vraiment d'autres, mais de toutes manières, y en a juste une comme elle), donc, depuis que je sais qu'elle sait (pas important que vous compreniez), j'ai été plus à l'aise de sortir complètement de mon demi-anonymat. So ? me direz vous ! So, pour tous les autres qui ne m'auraient encore identifiée, il ne peut plus subsister de doute. Et alors, je vais pouvoir poster sur la Tout-Seulerie des poèmes écrits ces deux dernières années, qui avaient déjà été publiés, puis effacés, ailleurs, où je ne me suis probablement pas fait que des amis. J'assume. Et me transporte de ce pas sur ma 2e scène. D'autant plus que celui que je vais publier n'est pas sans rapport avec le thème abordé dans mon billet du jour...
Je ne pouvais pas rester coite cette fois. Maridan'ou quelles que soient tes autres appellations. Je ne commente pas souvent ici parce que c'est je suis du genre à aimer les introspections personnelles. Avoir l'impression de commenter sur le vécu des gens. N'empêche que je lis. Avec attention surtout depuis (et il y a longtemps) que j'ai retrouvée la femme derrière l'auteure. Ce commentaire me touche beaucoup. Il fallait que tu le saches. Et j'aimerais aussi que tu prennes conscience du fait que j'ai toujours une opinion plus que favorable de toi. C'est une histoire de parti pris. Une question de CLSC sans doute. Bref...
J'aimerais signer Ta-Mathilde mais c'est impossible avec blogger. Au moins tu le sauras...
Mathilde, t'as bien raison quand tu parles d'histoire de parti pris. On est pris (poigné) l'une avec l'autre. Hé hé !
Quant à l'histoire de mon nom, je ne l'écrirai pas entière ici tout de suite maintenant, mais je peux dire que l'envie d'en changer me revient souvent, alors rapatrier mon Marie et tronquer mon Danielle me souriait, et puis ça allait avec la fantaisie inculquée à la carpe.
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