« On habite une maison creuse, sans mémoire, dont le cadastre va au-delà d'elle-même : la personne, la parole.
On emplit sa chambre de baisers et de papiers crevés.
Voici l'heure d'aimer, de brûler.
Un arbre brûle, on aime brûler.
Je ne sais rien de ce que la chambre contient. J'y circule en aveugle, et il m'est donné de voir la croissance, entre les murs, d'un rêve bleu, et les murs ne cessent de s'ouvrir. Je nais à l'ombre de ces murs.
Au-delà d'un certain seuil, la folie est prête à nous prendre.
On s'enferme donc dans une chambre, non par haine des humains, mais par souci de solitude, de sa solitude dans la solitude de l'autre. J'entends enfin, dans le silence de notre condition archaïque, une phrase amoureuse. Être un souffle à l'intérieur du monde, promenade d'amour dans le chemin d'aucune parole. Poème et monde se répondent. »Extrait du texte Pièces, de Paul Bélanger.
La sculpture, Caryatide, est de Marie Thérèse Tsalapatanis.



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