20.7.05

Un Mot Mystérieux

NOTICE DE LUDWIG TIECK sur HEINRICH VON OFTERDINGEN — (extrait)

Pour le poète qui a saisi l'essence même de son art dans son centre vital, rien n'apparaît contradictoire ou étranger : pour lui, toutes les énigmes sont résolues ; il peut, par la magie de l'imagination, établir un lien entre tous les temps et entre tous les mondes. Les prodiges se dissipent — et tout devient prodige !

(...)

Dans le poème suivant, qui devait figurer dans Ofterdingen, l'auteur [Novalis] a exprimé de la manière la plus simple la pensée intime de ses livres :

Quand les Nombres et les Figures
Ne seront plus la clef de toutes créatures,
Quand ceux qui chantent, ceux qui s'aiment
En sauront bien plus long que les savants austères,
Quand le monde deviendra libre
Et se retrouvera dans son propre univers,
Quand enfin la lumière et l'ombre
À nouveau s'uniront vers l'unique Clarté,
Quand les contes et les poèmes
Feront voir l'éternel Cosmos
— Alors il suffira d'un Mot mystérieux
Pour que s'envole au loin tout ce qui est l'Absurde.



Novalis, in Les Romantiques allemands, I, La Pléiade, 1963. Extrait pages 1517-1518.

3 commentaires:

Danielle a dit...

J'vous raconte... Ce livre, Les Romantiques allemands, je l'ai emprunté à la bibliothèque municipale. La Pléiade, c'est pas demain que je pourrai me l'offrir, hein ! Bon, bien, voyez-vous, lorsqu'un livre date, sent la poussière, a été taché, taché et retaché encore (cet exemplaire là paraît avoir survécu, en plus, à une inondation de par ses pages cernées et frisotées), eh bien habituellement, je l'aurais laissé sur les tablettes. Peu importe qu'il s'agisse d'auteurs que je veux absolument lire, je les rejette (vive les rééditions !). Alors, exceptionnellement, celui-ci a été le plus fort. Pour ma plus grande délectation, et celles à venir.

PGD a dit...

Novalis ! J'ai eu la chance de feuilleter «Le brouillon général», où l'on se préoccupe de poésie et de philosophie, comme de biologie et de physique... c'est impressionnant ce livre. Mais je ne savais pas qu'il écrivait aussi des poèmes : googletime !

Danielle a dit...

J'en suis encore à le découvrir, et les bibliothèques de quartier ne regorgent pas de beaucoup de ses oeuvres, exception faite de la Grande, où je n'ai pas encore mis les pieds.

L'ouvrage de La Pléiade contient deux de ses textes. Le roman inachevé de HEINRICH VON OFTERDINGEN contient plusieurs - et très beaux - poèmes. Il y a quelque chose qui tient du conte, de ce merveilleux du conte que l'on retrouve chez Novalis. Et quelque chose de très sensoriel, de très vivant. C'est comme manger du bon pain frais et chaud... (fait maison, quand même !)

Enfin, je ne suis pas trop étonnée qu'un PGD relatant une impressionnante interview avec le grand savant Didier Sornette pût éprouver de l'intérêt pour « Le brouillon général » en considérant les thèmes qui y sont traités. Ça me rappelle que je dois ajouter un lien dans ma section de droite.

Réponses aux courriels à venir - aujourd'hui, gros creux de vague. Ciao !