Peut-être est-ce vrai. Peut-être qu'une autre façon d'exercer, politiquement, le pouvoir est possible, telle celle que semble envisager André Boisclair. Peut-être que la vieille école verra son temps terminé ? Personnellement, je suis du genre "leadership coopératif". Ce sont là bien plus que des mots pour moi, j'en ai déjà fait l'expérience il y a quelques années.
Les citations suivantes, tirées d'un entretien avec Laure Adler, traitent de ce mode de direction. En les transcrivant, j'avais l'impression qu'André Boisclair aurait pu tenir le même propos. On ne doit pas conclure pour autant que je sois péquiste ou préfère André Boisclair comme nouveau chef du Parti Québécois.
« Je le pense très profondément, homme ou femme, être seul à un poste de direction est un exercice très dangereux. Je me pourrai jamais décider de quoi que ce soit toute seule, parce que j'aurais trop peur d'avoir tort. Il faut que je confronte, que j'échange, que j'écoute. J'ai des intuitions très fortes, mais il faut qu'elles s'entrechoquent avec celles des autres, les gens avec qui je travaille au quotidien et en qui j'ai une confiance totale. Alors, évidemment, ça va plus lentement que quand vous décidez seul. Mais quand on décide seul, je crois qu'on va toujours à la catastrophe.
Parce que toute personne est faillible, homme ou femme, et que l'on vit dans une société où le terme de pouvoir signifie beaucoup d'accompagnement, possibilité de construire et possibilité de fabriquer plutôt que autorité et orientation édictées d'en haut.
Nous vivons maintenant dans une société, non pas de hiérarchie, où par une sorte de diktat mécanique, les choses se feraient du haut vers le bas, on vit dans un réseau maintenant de capillarités transversales. L'important est de donner envie aux autres de faire les projets auxquels on croit. Et ça, c'est un travail de force de conviction, de transmission, de compréhension. »
« Oui, je pense que, qu'on soit homme ou femme, quand on a un poste de responsabilité, il faut sans cesse rendre des comptes. Quand on occupe ce genre de responsabilités, il faut savoir les prendre. Il faut savoir se battre avec son patron, quand il vous demande des choses auxquelles vous ne croyez pas. Il faut savoir dire non à son supérieur. »
« (...) l'accompagnement, c'est ce mot-là qui revient le plus souvent pour définir ma façon de travailler. »
Extraits d'un entretien qu'avait accordé Laure Adler à Sandrine Dury, pour le livre Sept femmes au coeur de la tourmente : quand l'histoire s'écrit au féminin. Paris : Ed. Médicis, 2003.



3 commentaires:
C'est exactement ce que j'essaye de dire au patron lors de notre entraînement quotidien et matinal de savate (boxe française). Mais il ne veut rien entendre. Fort heureusement, vous êtes là pour...
- Que dis-tu mon bon ?
- Rien, je peaufine mon discours sur la capilarité transversale.
- Occupe-toi de l'hilarité, je m'occupe du cap.
- Bien, patron.
Et moi, j'm'occupe... du capitaine !
V'là que Fernand veut apprendre le québécquois... Cf. Le forum...
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