De la Grande Bibliothèque, j'ai également ramené Staël. Du trait à la couleur, écrit par sa fille Anne de Staël, et le tout-petit livre, publié en 1958, de son fils adoptif et poète, Antoine Tudal, Nicolas de Staël et celui des LETTRES présentées par Pierre Daix. Je suis si loin encore de comprendre l'art de Nicolas de Staël, mais tellement touchée toujours par ses oeuvres et ses mots ! Avancer doucement dans son univers demeure un réel bonheur...

Voici donc la retranscription d'une lettre qu'il avait adressée, de Paris, au critique d'art Bernard Dorival, en septembre 1950 :
Très cher Dorival,
Merci de m'avoir écarté du « gang de l'abstraction avant ». Merci de votre texte. Je suis sensible à votre amitié pour mes tableaux, on vient de m'apporter la « Table Ronde » ce matin. Je pourrais vous écrire des pages sans fin pour vous aider à me situer plus précisément, un vrai traité de dynamique morale avec tout le florilège d'espace mouvement, lumière, ordre et désordre où je pense me retrouver un jour avec vous peut-être, mais laissons la peinture s'expliquer seule.
Vous me faites espérer qu'un jour mes amis s'apercevront recevoir les images de la vie en masses colorées et pas autrement, à mille mille vibrations. On y arrivera un jour au fanatisme de l'humilité visuelle, bien en dehors des graphismes orduriers. Excusez-moi, je m'emporte.
En fait de graphique, j'en ai vu un excellent au Salon de la jeune sculpture, tout rouge, très bien noué, vous devriez en toucher un mot à l'impossible Monsieur C..., c'est le No 48 — Isabelle Waldberg. Calder est incapable de faire un objet avec cette raison d'être là.
Voilà, je vous quitte. Merci encore —
Bien à vous.
Staël



Aucun commentaire:
Publier un commentaire