Le sommeil me fuyant, mister JP, je m'suis ramenée à l'ordi, pour y trouver votre commentaire. Et là, j'me dis, oui, souvenir vague que N. H. a parlé de l'holocauste, alors je prends le bouquin, je cherche, et je trouve des références lorsqu'elle traite de Thomas Bernhard, puis dans le chapitre de conclusion. Mince ! j'me suis dit. Ou alors, vous savez, l'heure tardive, et puis, qui trouve quand il cherche ? Enfin, ce livre est une somme, et il en va de celle-ci comme de toutes les autres lorsque je les lis : c'est comme si ma mémoire était blanche. C'est la densité qui agit ainsi sur moi. La densité me propulse dans trop de directions pour que je ne les retienne toutes. Indication pour moi qu'il me faudrait posséder l'ouvrage (celui-là vient de la Biblio de Mtl) afin de travailler dessus, avec, contre, pour, en dedans, en dehors, etc.
Je suis loin des survivants, et faudrait vous-même y revenir, si ça vous revient. Mais, en cherchant, j'ai trouvé aut'chose : « Il n'est pas difficile de comprendre qu'un garçon (Bernhard) de treize ans soit traumatisé par le bombardement de sa ville. Ce qui caractérise Brenhard, c'est l'extrapolation à partir de ce traumatisme, le saut instantané jusqu'à l'extrême : ceci" est terrible, donc l'existence en tant que telle est terrible. On peut traiter la vie comme si elle avait peu de valeur, donc elle a peu de valeur. Parfois Bernhard décrit sa propre souffrance comme un "état maladif — maladie mortelle — contre lequel et contre laquelle rien n'a été fait”, ce qui implique que quelque chose aurait pu et aurait dû être fait ; mais le plus souvent il s'autorise de sa détresse personnelle pour décrire l'espèce humaine en général comme vouée au malheur. »
Je pense que NH a raison de relever, de souligner l'extrapolation faite par Bernhard. Elle a raison de relever le glissement de "ceci" est terrible, donc l'existence en tant que telle est terrible", mais ce glissement n'est pas une erreur tant que l'expression d'une errance, et Bernhard ne peut jeter à la face du monde autre chose que ce qu'il a expérimenté : l'existence, la sienne, a été terrible; le traumatisme fut si profond que rien de la vie n'a su le tirer de l'abime dans lequel il l'avait projeté. Sa vie ayant été terrible, c'est un peu la vie toute entière qui l'est puisqu'elle a failli envers lui. C'est l'horreur de l'extrême folie révélant l'immense fragilité, toutes deux "humaines".



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