
Diderot a défini huit circonstances (elles suivront ci-dessous) en lesquelles un homme aurait l'esprit faux.
Je me demande si l'esprit faux est toujours apte à prendre conscience de sa fausseté ?
Est-ce que ma question excède mes capacités de compréhension ?
Comment doit-on comprendre "Celui qui est sujet à des préventions" ?
— Celui qui n'a jamais fait qu'un mauvais usage de ses sens aura l'esprit faux.
— Celui qui, médiocrement instruit, croira tout savoir, aura l'esprit faux.
— Celui qui, emporté par la suffisance ou par la vivacité, sera précipité dans ses jugements, aura l'esprit faux.
— Celui qui aura attaché trop ou trop peu d'importance à quelques objets, aura l'esprit faux.
— Celui qui osera prononcer dans une question qui excède la capacité de son talent naturel, aura l'esprit faux.
— Celui qui est sujet à des préventions aura l'esprit faux.
— Celui qui s'entête ou par amour propre, ou par esprit de singularité, ou par goût pour le paradoxe, aura l'esprit faux.
— Et celui qui a trop de confiance et celui qui n'en a pas assez dans sa raison, aura l'esprit faux.



14 commentaires:
Dans quel ouvrage de Diderot as-tu découvert ces merveilles ? :-)
Esope
Selon le TLF :
[Préventions] B. Fait de porter sur quelqu'un ou quelque chose un jugement hâtif où interviennent souvent des critères affectifs, et en tout cas préalable à tout examen; opinion qui en résulte. Synon. préjugé.
Ç'aurait du bon sens.
*
Je ne crois que celui qui a l'esprit faux peut en prendre conscience, il faut souvent qu'un autre le lui montre, mais si cet autre a l'esprit aussi sinon encore plus faux, alors ou est mal pris.
Fort intéressant.
Ah ! cher Ésope, suis-je tenue de révéler mes sources ? Vous me diriez que Diderot n'étant plus parmi nous, il n'a pas à être protégé...?
Si j'ai bien consulté le document d'où j'ai prélevé ces définitions, elles proviendraient de la Réfutation suivie de l'ouvrage d'Helvétius intitulé l'Homme (1771). Le document Word, Penser par soi-même (découvert par hasard ?) est disponible à cette adresse. Son auteur dit être un "Bright".
Je ne l'ai pas encore lu au complet attentivement (plus d'encre à imprimer et la pièce où est l'ordi est un réel sauna alors quand j'y viens, c'est surtout pour mon carnet), mais comme je suis toujours mi-fascinée mi-amusée par de telles déclarations, j'ai pensé les livrer ici.
C'est un peu pourquoi, cher Égrégore, je me posais cette question à propos de "Celui qui est sujet à des préventions". En fait, ce serait incongru de prêter sens à cette affirmation en l'entendant comme "Celui qui est victime des préjugés des autres à son égard", mais mon esprit tordu aime bien bousculer les structures de la langue afin de l'éprouver...
Je partage ton avis quant à ta conclusion. Mais alors, peut-on poser la question : "Qu'est-ce qu'un esprit vrai ?" Ok, je vais être sérieuse, "Qu'est-ce qu'un esprit juste ?"
En tout cas, je suis en train de lire Nietzsche, et pis les pronostics pour en trouver ne sont pas très bons ! ^_^ !!
Je dirais que ça ne veut rien dire avoir l'esprit 'faux'. C'est très 'Lumières' comme façon d'aborder les choses, le vrai et le faux.
La vraie question c'est celle de l'intégrité. Après nous sommes probablement tous faux à nos heures. Si seulement nous savions ce que c'est qu'être vrai!
Savons-nous seulement ce que c'est qu'être intègre ? Lorsqu'on pense l'être, le sommes-nous pour autant ?
(Allez, inconscient, fais voir ce que tu as dans le ventre alors que je te tiens ! Oh ! il m'a encore glissé d'entre les mains, le torpinouche !! )
Catherine, je blague, mais je suis assez de ton avis ! C'est la canicule qui me fait crâner (quoique, même sans...). (en passant, j'ai constaté avec plaisir que si j'utilisais MSIE pour visiter ton blog, j'avais accès à tout l'affichage de tes pages, alors c'est Mozilla qui pose problème pour les affichages grand écran).
Tu as raison de dire que c'est très "Lumières", mais moi ça ne me déplaît pas d'essayer d'entendre ce que cela "dit" au-delà de cette binarité faux-juste. J'aime chercher ce qu'on peut en extraire qui demeure actuel, car, même si ce sont là des généralisations limitatrices, elles ne me semblent pas avoir tout... FAUX ! ^_^ !
Merci pour l'info., Mlle Maridan'.
Bienvenue, Ésope ! Mais n'auriez-vous pas eu une opinion à nous partager sur ces questions ? Hon ! je m'entête ! Pardonnez mon faux esprit...
^_^
Rapidement...
1. Je me demande si l'esprit faux est toujours apte à prendre conscience de sa fausseté ?
Un esprit peut être faux sans le savoir, comme un esprit peut être fou sans le savoir.
Mais si un esprit se sait faux, alors il en aura conscience, puisque savoir c'est savoir qu'on sait.
Il est vrai également qu'un esprit peut jouer à l'esprit faux, pour séduire, convaincre à tout prix, épater la galerie, etc.
2. Comment doit-on comprendre "Celui qui est sujet à des préventions" ?
Comprendre dans le sens de "celui qui affirme une opinion sans la soumettre à un examen appronfondi".
Et puis, vous ne trouvez pas que c'est curieux qu'on puisse avoir de l'esprit, mais qu'il soit faux ?!?
^_^ ^_^ ^_^
Ah ! nous étions en train d'écrire en même temps ! Merci Ésope, mais c'est qu'on a envie de savoir ce que Ésope pense !
Je constate que vous m'épargnez... merci !
Évidemment, j'ai fait le mauvais esprit en confondant "être un esprit" et "avoir de l'esprit" juste avant.
Et je conclus qu'il me faille lire le document d'où proviennent ces 8 circonstances diderotiennes et enfin apprendre à penser par moi-même !
(à ce train-là, et comme la canicule est prévue durer jusqu'au weekend, je crains ne plus répondre de moi bientôt...)
Difficile de se sortir de Descartes !
Vous avez lu L'art d'avoir toujours raison ?
Ce petit ouvrage explique comment faire triompher la vérité en étant aussi fourbe que celui qui a tort mais qui veut à tout pris avoir raison.
Très amusant de repérer les stratagèmes chez les autres et surtout chez soi-même.
Taisez-vous, Égrégore, vous allez réveiller les mauvais esprits (mais dorment-ils jamais...) ! Si j'ai lu "l'Art d'avoir toujours raison" ? Mais vous ne savez pas ? Vous m'étonnez ! J'ai déjà donné comme proie pour qui voulait se faire ma peau sur ce plan, alors je passerais mon tour, si ça ne vous fait rien...
Et pis, c'est pas Descartes, c'est S-c-h-o-p-e-n-h-a-u-e-r. (j'épelle son nom et le fais à voix basse, mais je sais ne tromper personne, pas même moi !)
Oui, je sais, je sais, le cirque n'a pas fini de tourner.
Comme je savais que vous saviez, je n'ai pas cru bon de spéficier que S. en était l'auteur.
Descartes, c'est pour le doute méthodique évoqué par Ésope (me semble).
Vous êtes un Égrégore confirmé ! Mais je n'en doutais point, avec ma méthode...
Ah qu'il est bon, qu'il est doux pour des frères de [savoir] ensemble ! C'est une huile vivifiante qui s'épand et...
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