11.6.05

Baîller aux mouches...

Dessin provenant du 2e volume de
l'Encyclopédie du monde de Troy

Baîller aux mouches... en compagnie de Nietzsche

« ...Tout cela peut encore passer, mais je me heurte à tels cas où "l'intelligence" excède toute mesure humaine. Un Suisse, rédacteur de Bund, tire du livre cette unique leçon que j'ai entrepris de détruire toutes les décences du coeur. Il a tiré grand parti, on le voit, de mon titre Par-delà le bien et le mal. Je lui ai écrit qu'il m'avait compris mieux que personne, et il l'a cru ! »

« Avoir honte de son immoralité : ce n'est qu'un premier degré ; au dernier on aura honte aussi de sa moralité. »

« Un homme déçu parle — "J'espérais un écho, je n'ai entendu que louange" —. »

« Tu veux le prévenir en ta faveur ? Joue l'embarras. »

« Se montrer sensible à la louange n'est chez certains que politesse du coeur — tout le contraire d'une vanité de l'esprit. »

« Quand nous sommes contraints de réviser l'opinion que nous avons de quelqu'un, nous lui tenons rigueur du désagrément qu'il nous cause. »

« Dans le commerce des savants et des artistes, on se trompe aisément en sens opposé : derrière un savant distingué il n'est pas rare qu'on trouve un homme médiocre, et, derrière un artiste médiocre, souvent un homme très distingué. »

« Le mot le plus chaste que j'aie entendu : "Dans le véritable amour, c'est l'âme qui enveloppe le corps." »

« "Notre prochain n'est pas notre voisin, mais le voisin du voisin" — ainsi pense chaque peuple. »

« "Il me déplaît. — Pourquoi ? — Parce qu'il me dépasse." A-t-on jamais fait pareille réponse ? »


Friedrich Nietzsche, Par delà le bien et le mal. Intro. Daniel Halévy. Trad. A. Meyer et R. Guast, Hachette, 2004, 265 pages. ISBN : 2012792138

Dessin provenant du 2e volume de
l'Encyclopédie du monde de Troy
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