
Ghérasim Luca, poète
sur le site SitArtMag
bien à plat sur la mort
idées tendue
la mort étendue au-dessus de la tête
la vie tenue de deux mains
sans atteindre la verticale
et amener en même temps la vie
devant le vide bien tendu
Marquer un certain temps d'arrêt
et ramener idées et mort à leur position de départ
Ne pas détacher le vide du sol
garder idées et mort
tendues
Le Chant de la carpe, Ghérasim Luca,
Les éditions José Corti, 1986, 112 pages.
Alors que, hier, je revisitais des pages mises en signets, voilà Ghérasim Luca qui me réapparaît. Troublant. Est-ce de là qu'a surgi un jour La voix de la carpe ? C'est probable. Inconscient, mais très très probable. Car c'est ainsi qu'il en va souvent de moi : j'incorpore, je m'imprègne, et souvent - pas toujours, mais souvent - je ne retiens pas (mais peux le retrouver en cherchant) qui a dit quoi ni comment il l'a dit. Je n'ai pas cette mémoire là. Ou trop à retenir ?
Je dis "j'incorpore, je m'imprègne", mais cela aussi peut s'opérer en moi à mon insu. Je n'ai pas eu conscience, au moment de ma première lecture de cet extrait du Chant de la carpe, qu'il ait pu m'impressionner à ce point. Mais, est-ce qu'il m'avait autant impressionnée que je le suppose aujourd'hui ? Peut-être pas. Moins consciemment qu'en ce moment, en tout cas. Je vais donc me précipiter pour le lire en son entier, car Ghérasim Luca me parle. Mais non, je ne l'entends pas, qu'allez-vous penser ! Ses mots, ses paroles m'interpellent, voilà.
Beaucoup de paroles m'interpellent. Je dois choisir. Luca et Nietzsche en premier plan au programme. De vraies belles lectures d'été, non ?



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