24.6.05

Je me souviens...

Vue du centre de mon petit village

J'avais 10 ou 11 ans, je ne sais plus trop. Ma marraine m'avait invitée à l'accompagner à un spectacle. Celui de Pauline Julien. Abstraction faite des soirées d'amateurs à la Salle paroissiale du village, je n'avais jamais assisté au spectacle d'une vraie artiste. Inutile de parler de la boîte à images : j'ai beau avoir vu les Beatles au Ed Sullivan show, il n'en reste pas moins que la télévision, ça demeurera toujours du spectacle en conserve. Vive le live !

Elle était là, la Pasionaria, et elle brûlait les planches. Sous des projecteurs allumés pour elle, une femme libre : y avait de quoi impressionner la fillette que j'étais, car elles étaient encore assez rares, les femmes libres, à l'époque, dans mon coin de pays ! Une femme expansive et tendre, avec du tempérament et de la vitalité à revendre, et de la poésie...

À peine quelques années plus tard, il y aura Claude Léveillée. Léveillée dont je possède maints vieux albums vinyles usés de tant d'écoutes ! J'aurais voulu vous laisser avec les paroles de l'une de ses chansons liée à la circonstance de ce 24 juin, mais je n'ai trouvé ni celles de La froide Afrique, ni celles de Ce matin, un homme sur la Toile, et ma vieille table tournante (s'accordant harmonieusement à mon état actuel) m'a lâchée il y a quelque temps. Est-ce une question de droits, je ne saurais dire, mais je déplore énormément le fait que la documentation sur leurs oeuvres, à Pauline et Claude, soient si rares sur Internet ! Sans parler du fait qu'on ne les entende pratiquement jamais tourner sur les ondes radio.

En attendant la prochaine opportunité de réfléchir à l'avenir du Québec, via la course à la chefferie du Parti Québécois, je vous laisse avec les paroles d'une très belle chanson qu'a si bien su interpréter Pauline Julien. Et bon 24 juin !


Mommy, Daddy

Mommy, daddy, I love you dearly
Please tell me how in French my friends used to call me
Paule, Lise, Pierre, Jacques ou Louise
Groulx, Papineau, Gauthier, Fortin, Robichaud, Charbonneau.

Mommy, daddy, what happened to my name?
Oh mommy, daddy, how come it's not the same?
Oh mommy, tell me why it's too late, too late, much too late?

Mommy, daddy, I love you dearly
Please tell me where we used to live in this country
Trois-Rivières, Saint-Paul, Grand-Mère
Saint-Marc, Berthier, Gaspé, Dolbeau, Tadoussac, Gatineau.

Mommy, daddy, how come it's not the same?
Oh mommy, daddy, there's so much in a name.
Oh mommy, tell me why it's too late, too late, much too late?

Mommy, daddy, I love you dearly
Please do the song you sang when I was a baby
Fais dodo, Colas mon p'tit frère
Fais dodo, mon petit frère, tu auras de l'eau.

Mommy, daddy, I remember the song
Oh mommy, daddy, something seems to be wrong
Oh mommy, tell me why it's too late, too late, much too late?

Mommy, daddy, I love you dearly
Please tell me once again that beautiful story
Un jour ils partirent de France
Bâtirent ici quelques villages, une ville, un pays.

Mommy, daddy, how come we lost the game?
Oh mommy, daddy, are you the ones to blame?
Oh mommy, tell me why it's too late, too late, much too late?


Mommy, Daddy (1971)

Paroles : Gilles Richer et Marc Gélinas
Musique : Marc Gélinas
Interprètes : Dominique Michel et Marc Gélinas
Interprète d'une seconde version : Pauline Julien (et ici)

Splendidement interprétée par Marie-Jo Thério :




10 commentaires:

Anonyme a dit...

Bonjour Maridan et merci pour ces paroles d'une chanson que j'aime beaucoup et que j'avais oubliée. Je me souviens, j'avais 21 ans. Et merci pour tous ces commentaires chez moi et puis chapeau ! pour la belle qualité de ton carnet...

Zénon

Danielle a dit...

Daniel, la Gaspésie, c'est ce qu'il y a de plus beau, au Québec ! (là, j'entends tout plein de monde qui proteste... non sans raison(s)) C'est la belle étendue bleue de la mer qui me manque le plus : je ne sais pas pourquoi, mais le béton ou un mur de briques ne m'inspirent pas la même chose !

Je n'ai pas tout vu du Québec, moi non plus. Je sais que j'adore Charlevoix, et l'Île-aux-Coudres en particulier. Je rêve des îles-de-la-Madeleine.

Hééé Zénon ! ça prenait la St-Jean pour vous délier les doigts ici ! (par ailleurs fort bien déliés chez vous, et pas que les doigts ! ça me plaît vraiment beaucoup, par exemple, de lire des extraits de textes d'ordre métaphysique : à petite dose, et toujours bien choisis, ça ouvre sur d'autres champs de pensée. À force de lire vos archives, je vais devenir une lectrice de Christian Bobin. Mais il n'y a pas que lui, hein, monsieur le libraire !

N'est-ce pas qu'entendre Pauline Julien chanter "Mommy, daddy", c'était MA-GNI-FI-QUE ?? La belle Pauline.

Danielle a dit...

Un autre coin moins connu, mais c'est une vraie perle, c'est l'Île du Pot à l'Eau-de-vie (Brandy Pot). Une journée de "luxe" que je m'étais offert : on fait la traversée le matin à Rivière-du-loup, avec la société Duvetnor, on a une petite visite guidée (l'île est un sanctuaire alors ce n'est qu'une fois la nidification des oiseaux terminée qu'on peut explorer l'Île, j'y étais allée en tout début de basse-saison. Et on est tout juste 8 personnes sur toute l'île !). Les repas sont fameusement préparés (souper 5 services, et déjeuner-brunch le lendemain matin avec des produits du terroir, mmm), et - le rêve - on dort dans le Phare ! Mémorable !

Mamathilde a dit...

Ça y est! J'ai la chanson dans la tête. Mais ce n'est pas si mal, elle est tellement belle. J'amais je n'en avais lu les paroles et toujours certains détails m'ont échappée. Merci de me les avoir montrées.

Beo a dit...

J'aime bien cette chanson qui décrivait tellement la réalité d'alors... ah... nostalgie.

J'ai entendu personne dire le contraire que la Gaspésie est le plus coin du Québec.... he he . Par contre j'ajouterai en tant que Gaspésienne: que c'est UN des plus beaux coins... ;-D

Danielle a dit...

Béo, je ne veux pas te faire de peine, mais le français a perdu quelques plumes ici ces dernières années. D'ailleurs, j'ai pas poursuivi ma "série" de billets sur la langue, bicoz j'ai pas souvent l'énergie qu'il me faudrait pour embrasser et mener à terme le sujet "dans toutes ses grosseurs" (comme dirait Victor-Lévy Beaulieu). Je n'abandonne pas, je finirai par en faire le tour.

"Mommy, daddy", ça illustre bien, en particulier, l'histoire des Louisianais ayant perdu leur langue d'origine. Y a pas de garantie actuellement que ce n'est pas le sort qui nous est réservé.

Beo a dit...

Clair:c'est un débat et une bataille au quotidien et personnel à chacun.

J'ose demander ce que fait ce bikoz... ici?

Danielle a dit...

Hé hé ! mon "bicoz", c'est parce que ça m'amuse de faire la fautive en écrivant un mot autrement, et ça me plaît, cette forme en "bicoz". Si je remplaçais tout le temps "parce que" par "bicoz", j'aurais un problème. À mes yeux.

Mais c'est aussi une manière de dire que je ne suis pas exclue du combat à mener, en même temps que je ne refuse pas l'anglais. Je me permets des libertés, mais je tente de demeurer consciente que l'anglais s'infiltre dans mon langage et, si ce rappel manifeste que je ne l'ignore pas, je demeure consciente que je fais des emprunts à la langue anglaise beaucoup moins évidents qu'un seul mot clairement identifiable comme tel. Et là, y a du gros boulot à faire, et pour tout le monde, plus qu'on ne l'imagine.

Beo a dit...

Hi hihi: je te niaisais ;-D

Danielle a dit...

je sais, mais j'étais pas pour rater l'occaz pour dire ce que j'avais envie de dire !