Mère à l'enfant cinq minutes avant qu'elle ne le dépose sur l'eau
de Marleen Provençal
« On ne fait rien de bon avec l'action, avec l'histoire. Il n'y a que l'art qui vient à bout du temps. », a écrit Léonard de Vinci. "Rien de bon", cela est discutable, toutefois il semble que pour la peintre et illustratrice Marleen Provençal, l'art s'est révélé être sa façon de venir à bout de son temps.
À l'instar de mon sublime Staël, Madame P. ne craint pas la couleur et se tient près des frontières de la figuration et de l'abstraction. J'aime retrouver dans leurs oeuvres des compositions complexes, un usage généreux en pigments riches et des touches de pinceau et de couleurs là où il se devait. Mais leurs rapports au monde et à la vie diffèrent singulièrement, et c'est là que je me dois de trancher dans ce rapprochement. Trêve de références, donc.

Petit Proust
Il n'y a pas que le corps dont s'est emparé le regard de l'artiste, mais quel que soit l'objet, toujours la vision ravit la raison, et la sensibilité, le coeur. La mémoire salue le passage d'êtres remarquables. Et l'esprit jongle avec la joie, la gravité, la présence et le mystère. Fixées, leurs vibrations, sans être étouffées. L'art de Marleen est vivant.

C'est le bouquet !
(La découverte de l'art de Marleen Provençal, je la dois à l'ogre de l'art tout cru, Henri Barras.)



3 commentaires:
Quand tu commentes l'art, je n'ai rien à dire puisque je ne suis pas du tout compétente dans ce domaine. Mais je voulais que tu saches que j'aime beaucoup cette ouverture que tu m'offres sur ce monde.
Vois-tu, Mathilde, la parole que je m'autorise n'est que celle de mon regard sur le monde et la vie et de la lecture qu'une oeuvre ou un artiste me permet d'en faire.
Je ne saurais pas parler des périodes en peinture (symbolisme, surréalisme, impressionnisme, classicisme, réalisme, etc), ni des techniques ni situer une oeuvre dans l'histoire. Et je ne saurais parler, ou alors mal je pense, de ce qui ne me touche pas. Tout ce que je sais, c'est que les beaux-arts ont peuplé mon monde dès l'enfance, que certaines oeuvres m'ont profondément marquées, et que depuis quelque temps j'ose tenter de nommer ce que je vois, sens et saisis à leur vue, en rapport avec le monde d'aujourd'hui et d'hier tels que je les ai entrevus. On est loin de la critique d'art, mais ça n'est pas là mon ambition.
Si ça te donne à voir à toi aussi, tant mieux, parce que c'est un lieu privilégié pour la Beauté que celui du travail de la création. Et de la Beauté, il n'y en a jamais trop qui nous soit donnée à contempler...
J'ajoute à "Et je ne saurais parler, ou alors mal je pense, de ce qui ne me touche pas." qu'il n'est déjà pas si sûr que je sache bien parler de ce qui me touche. Et quand je dis "bien parler" je veux dire en parler avec le plus de justesse possible, celle dont je voudrais être capable.
Enfin, ça n'est pas de moi qu'il s'agit, mais plutôt de faire comme la petite fille qui dit "Regarde ce qui vient de se découvrir à moi ! Ça t'était connu ? Qu'est-ce que tu vois, toi ? Que comprends-tu ? Qu'est-ce que c'est ?"
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