Il y a une discussion à tenir, sur la question du "mal absolu", là, chez Daniel, et je viens d'y déposer un long commentaire. Voulant m'assurer de le conserver, je le publie donc ici également. Je vous incite fortement à aller en discuter chez mon homonyme masculin, d'autant que la question le passionne... absolument ! (mais je ne saurais vous interdire d'émettre un commentaire ici si vous le désirez)
« Ce qu'il y a d'embêtant avec les termes "bien et "mal", c'est que ça ne résonne pas également chez l'un ou chez l'autre, selon notre éducation, nos croyances, notre milieu, etc. Je ne pourrais pas en parler en le situant dans un contexte religieux comme le fait Semprun. Je ne sais pas dans quel contexte je devrais situer mon questionnement d'ailleurs, mais il est sûrement plus laïc, je pourrais au moins dire ça.
Est-ce que le mal absolu existe, disons qu'il y a des exemples illustres et horribles qui nous portent à y croire, mais je me méfie toujours un peu de notre besoin d'"enfermer" une réalité dans une formulation car on l'abstrait beaucoup trop de la vie courante et banale ce faisant.
Je pense que l'être humain est mu par des pulsions de vie et des pulsions de mort et que souvent il ne sait pas qu'en faire. Ou il copiera les "patterns" qui lui sont familiers car il faut bien qu'il en fasse quelque chose, ce sont des énergies qui poussent à agir, mais tant que ça se fait dans un état de conscience plus ou moins raisonné, il n'est pas sûr qu'il y trouvera satisfaction car la forme qu'il aura donné à cette énergie ne lui sera pas totalement personnelle. Là où je veux en venir, c'est que si quelqu'un nous fait du mal (sans même qu'on établisse qu'il y ait eu intention ou pas), alors si j'ai mal à cause de quelqu'un, si ce que je sais le mieux faire avec ma douleur, c'est me venger, je me vengerai, ce qui pourra même mener au meurtre. Voulais-je tuer au départ ? Ai-je réfléchi au geste que j'allais commettre ? Enfin, il y aurait une multitude de questions à débattre. (et sur un blog, on est contraint à simplifier et à faire plus court, comme tu disais).
Ensuite, à part ce que je viens d'émettre, si on prend les choses un peu par la bande. Un exemple : il y a foule à un spectacle. La fièvre s'empare d'elle, et puis ça se met à dégénérer. D'autres exemples : on adule une personnalité, on suit docilement le moule de la société dans laquelle on baigne, on adore consommer, on ne jure que par tel média, ou tel sport, etc. De la fièvre de la foule, on passe à un certain conditionnement dont les assises ne sont pas rationnelles et dont les signaux nous viennent de l'extérieur. Lorsqu'une majorité tient le haut du pavé d'une certaine pensée et d'un certain discours, ça modèle nos comportements, à moins d'être capable de distance et de réflexion éthique. Je reprends Gurdjieff : « Personne n'agit pour l'amour du mal, mais chacun agit pour l'amour du bien tel qu'il le comprend. » Si les autorités en place nous disent : ceci est bien, ceci est mal, cette race-ci doit mourir, etc., pourquoi agirait-on autrement vis-à-vis de ça alors qu'on est déjà si soumis à l'autorité supérieure et qu'on a tant besoin d'être dans la norme ? »



1 commentaire:
Il faudra bien que je reprenne ça en structurant mieux ma réflexion. Un commentaire sur un blog, c'est de l'écrit spontané, pas une thèse, n'est-ce pas.
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