
Graines d'eucalyptus, dans les Blue Mountains (Sydney)
Photographie de Maggy HEINTZ
Il y a des moments où un sentiment d'étrangeté s'empare de moi. Par exemple, lorsque je songe à l'adolescente tourmentée que j'ai été. Et qu'est-ce que j'ai dû chercher, et chercher, et chercher encore avant de pouvoir l'apaiser ne serait-ce qu'un tout petit peu !
La liste serait longue à dresser de toutes ces rencontres qu'il m'a été donné de faire, de mes explorations et expérimentations, de toutes mes lectures, de tous ces chemins et impasses empruntés, de tout ce que j'ai embrassé, quitté, abandonné ou conservé, dans ma quête de sens. Au fil du temps, l'absolue contrainte du besoin de comprendre a appris à respirer et s'est métamorphosée en désir. Vivre n'équivalût plus à survivre.
Je ne sais plus trop où j'avais trouvé le texte qui suit, et n'en connais pas l'auteur. Je sais seulement que la toute jeune femme que j'ai été, dépassée par l'histoire du monde dans laquelle elle avait été projetée, l'a souvent lu et beaucoup scruté, et qu'il a un peu contribué à tisser la trame de sa propre histoire.
je suis mort parce que je ne désire rien
je ne désire rien parce que je crois tout posséder
je crois tout posséder parce que je n'essaie pas de donner
et c'est en essayant de donner qu'on découvre qu'on a rien
et en découvrant qu'on a rien, on essaie de se donner
et en essayant de se donner, on découvre qu'on est rien
et en découvrant qu'on est rien, on désire devenir
et en désirant devenir, ON VIT.



2 commentaires:
Grâce à Facebook et la page consacrée à l'auteur de ces mots qui m'était inconnu, j'ai pu identifier qu'il s'agissait de René Daumal et qu'il avait écrit ce texte en 1944.
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